La migraine est caractérisée par la survenue de crises répétées de céphalées invalidantes durant de quelques heures à quelques jours chez un sujet par ailleurs normal. La classification de l’International Headache Society (IHS) distingue deux variétés principales : la migraine sans aura et la migraine avec aura, dans laquelle la céphalée est précédée ou accompagnée de symptômes neurologiques focaux et transitoires. Les crises de migraine avec aura typique comportent des signes visuels, sensitifs et/ou aphasiques. Dans la migraine hémiplégique, familiale ou sporadique, l’aura comporte un déficit moteur. La migraine affecte 12 % de la population générale, avec une prépondérance féminine, et entraîne un handicap important, avec diminution de la qualité de vie En se basant sur les critères diagnostiques internationalement reconnus, plus de 10 millions de Français seraient concernés par la migraine. En ajoutant les migraineux probables selon les critères IHS (10,1 %) et migraineux certains (11,2 %), le pourcentage de personnes touchées est en effet de 21,3 % ! La migraine a un retentissement important sur la vie quotidienne du patient, notamment au au niveau  professionnel :
  • Activités professionnelles réduites chez les migraineux pendant 1,5 jours en moyenne au cours des 3 derniers mois ;
  • Activités domestiques réduites pendant 3,8 jours en moyenne chez les migraineux au cours des trois derniers mois ;
  • Activités sociales, familiales ou récréatives réduites pendant 2 jours en moyenne chez les migraineux au cours des 3 derniers mois
  • Activités courantes réduites chez 70 % des migraineux.
La qualité de vie du migraineux dans son ensemble est bien moins bonne que celle d’un sujet non migraineux. Malgré les conséquences de cette maladie sur la vie quotidienne, seulement 4 migraineux sur 10 se savent atteints, les autres ne pensant pas l’être (20 %) ou ne le sachant pas (40 %). Près de 80 % ne sont pas suivis par leur médecin pour ce trouble. La moitié n’a même jamais consulté pour la migraine. Parmi ces derniers, on trouve plus généralement des hommes de moins de 35 ans, des cadres et des migraineux probables. Par ailleurs, près d’un migraineux sur deux a habituellement recours à l’automédication et donc à des traitements non spécifiques et parfois non adaptés, 15 % d’entre eux ont eu recours à au moins 5 comprimés ou gélules lors d’une crise. A contrario, 74 % des patients bénéficiant lors de leur crise d’un traitement spécifique ont pris un seul comprimé.

Efficacité Traitement

On peut mesurer l’efficacité du traitement de crise au moyen du questionnaire recommandé par l’ANAES (2003). 1. êtes-vous soulagé significativement 2 h après la prise ? 2. ce médicament est-il bien toléré ? 3. utilisez-vous une seule prise médicamenteuse ? 4. la prise de ce médicament vous permet-elle une reprise normale et rapide de vos activités ? Si le patient répond oui aux 4 questions, le traitement de la crise n’est pas modifié. Si le patient répond non à une ou plusieurs questions, le traitement de la crise peut être considéré comme insuffisamment efficace et il doit être modifié.

Etes vous migraineux ?

  • Votre mal de tête évolue par crises de quelques heures à 3 jours. Entre les crises, vous ne souffrez pas ?
  • Vous avez présenté au moins 5 crises dans votre vie ?
  • Votre mal de tête a au moins 2 des caractéristiques suivantes :
    • localisé à un côté de la tête,
    • pulsatile (“ça tape”)
    • augmenté par l’effort (monter un escalier, courir),
    • fort à très fort.
  • Votre mal de tête est accompagné d’au moins 1 des signes suivants :
    • envie de vomir ou vomissements,
    • gêne à la lumière et au bruit.
Si vous avez répondu :
  • OUI aux 4 questions, vous êtes sûrement migraineux
  • OUI à 3 des 4 questions, vous êtes probalement migraineux
  • NON à au moins 2 des 4 questions, vous n’êtes probalement pas migraineux

Céphalées de Tension

Les céphalées de tension sont des maux de tête touchant les deux côtés du crâne, « en casque », à type de pression d’intensité légère à modérée, non accentuée par l’activité physique. Le patient décrit une sensation de « serrement, d’étau, de pesanteur ». En règle générale, il n’y a pas d’autres symptôme associés. Ces céphalées reflètent souvent un état de tension psychique excessive liée au surmenage ou au stress, sans perturbation de la personnalité sous-jacente. Si certains parlent de « céphalées psychogènes », il ne faut pas retenir ce terme. En effet, elles ne sont pas forcément en relation avec un désordre psychique. Elles peuvent être associées à des facteurs musculaires. La tension ou une dysfonction des muscles péri-crâniens sont ainsi souvent incriminées. Les céphalées de tension sont épisodiques ou chroniques. Comme pour la migraine, leur chronicité est souvent liée à des abus médicamenteux. Les facteurs psychologiques sont également à rechercher systématiquement, car ils peuvent favoriser la chronicité des céphalées. Read more at http://www.migraine.fr/les-differents-maux-de-tete/cephalees-primaires/#uBVxicwfgbbFfD5w.99

Algie Vasculaire de la Face

L’algie vasculaire de la face (AVF) ou cluster headache selon l’appellation américaine qui a le mérite de rappeler le caractère essentiel de l’affection, se produit en salve ou cluster. L’AVF est une affection rare, environ 25 fois moins fréquente que la migraine. L’AVF est une maladie de sujet jeune (20 à 30 ans), le plus souvent de sexe masculin (85 % à 92 %). Son diagnostic reste souvent méconnu durant des années, alors qu’il est dans la plupart des cas évident, tant la symptomatologie est stéréotypée. Le délai moyen pour poser le diagnostic est compris entre 10 et 15 ans.  Durant cette période, le patient est vu par le dentiste, le stomatologue, l’ophtalmologue, l’oto-rhino-laryngologiste, et des interventions sont effectuées sur les dents, les sinus, la cloison nasale, etc. La classification de l’International headache society définit l’AVF  comme une douleur extrêmement sévère, strictement unilatérale, à prédominance orbitaire, supraorbitaire et/ou temporale, évoluant par crises quotidiennes (de une à huit, en moyenne deux à trois) qui durent de 15 à 180 minutes. Les crises s’accompagnent souvent de signes homolatéraux à la douleur : injection conjonctivale, larmoiement, congestion nasale, rhinorrhée, sudation de la face, myosis, ptosis, oedème de la paupière. Le plus souvent, les crises surviennent par périodes, appelées accès ou épisodes, qui durent de 2 à 8 semaines en moyenne et se reproduisent une à deux fois par an. Ces périodes définissent l’AVF épisodique. Dix pour cent environ des patients souffrent d’une forme chronique, avec des crises quotidiennes, soit d’emblée, soit après quelques années de forme épisodique. Les crises surviennent volontiers à heures fixes, après les repas, parfois déclenchées par l’alcool et la nuit

Névralgie du Trijumeau

La névralgie essentielle du trijumeau est une pathologie relativement rare, qui touche 3 femmes pour un homme, et survient dans 75% des cas après 50 ans. Dans sa forme typique, elle est définie par la survenue de crises douloureuses siégeant dans le territoire d’une ou plusieurs des 3 branches (ophtalmique, maxillaire, mandibulaire) du nerf trijumeau, dont le rôle principal est l’innervation sensitive de la face. La douleur, qui dure moins de 2 minutes, est décrite comme intense, aiguë, et/ou peut être déclenchée par la stimulation d’une “zone gachette” sur le visage (parfois à l’occasion du rasage, de la mastication…). Elle est localisée à un côté, et n’est pas accompagnée de déficits neurologiques. Les crises sont stéréotypées chez un malade donné, et le bilan ne doit pas retrouver d’autre cause aux douleurs. La névralgie essentielle est en effet un diagnostic d’élimination, qui ne doit être retenu qu’après avoir recherché par l’examen clinique et par d’éventuels examens complémentaires les autres causes possibles (en particulier tumorales) de névralgie : on parle dans ce cas de névralgie symptomatique. Le diagnostic est clinique, porté sur les critères précédemment cités. Lorsque la névralgie survient chez un patient jeune ou que la symptomatologie est atypique (par exemple lorsqu’un fond douloureux persiste entre les crises), une imagerie cérébrale (scanner et surtout IRM) est prescrite pour éliminer les diagnostics différentiels, et en particulier les processus expansifs le long du trajet du nerf trijumeau. L’hypothèse physiopathologique de la névralgie essentielle du trijumeau repose sur la présence d’un conflit vasculo-nerveux dans la région de l’angle ponto-cérebelleux : une artère (ou plus rarement une veine) entrerait ainsi en contact avec le nerf à proximité de son origine dans le tronc cérébral. Par ses battements répétés, elle entrainerait un traumatisme chronique de la gaine du nerf, à l’origine de véritables “crises d’épilepsie” douloureuses. Le traitement de première intention est un anticonvulsivant, la carbamazépine (Tégrétol®). Il existe néanmoins des effets indésirables à court et surtout long terme (toxicité hépatique, ralentissement psychomoteur, troubles mnésiques…) : il est alors parfois nécessaire de modifier le traitement, par exemple en adoptant un autre anticonvulsivant (Trileptal®, Lyrica®…).

Céphalées chroniques quotidiennes

La céphalée chronique quotidienne (CCQ) est une plainte fréquente des patients pris en charge dans les consultations spécialiséesElle ne représente pas une entité nosologique unique. Elle est subdivisée en quatre sous-groupes : la CTC, la céphalée persistante de novo ou d’apparition récente, l’hémicrânie continue et la migraine transformée. Sa prévalence exacte reste inconnue ; cependant une étude ancienne datant de 1976 et rapportée par Spierings et al avait trouvé une prévalence de 6 % avec deux pics de 8 % chez les patients âgés de 20 à 24 ans et chez ceux de plus de 64 ans

Le sex-ratio est de deux femmes pour un homme. Dans les centres spécialisés dans les céphalées, les patients consultant pour des CCQ représentent 40 à 80 %.Toutes les céphalées chroniques essentielles peuvent évoluer vers une CCQ. Cependant, 75 % des CCQ surviennent chez des patients présentant initialement une maladie migraineuse typique.

Le développement des CCQ peut être brutal (20 %) ou progressif (80 %) sur plusieurs années (10 ans en moyenne).

Les facteurs favorisant ce développement sont nombreux et variés ; cependant, deux facteurs sont fréquemment rencontrés : l’abus médicamenteux rencontré chez 40 à 50 % des patients. Les autres facteurs sont représentés par les traumatismes crâniens, le stress et les affections intercurrentes (sinusites, maladies générales, opérations…).

Le mécanisme de l’abus médicamenteux est le suivant : le patient a remarqué que le traitement est d’autant plus efficace que celui-ci est pris tôt dans la crise, le traitement enraye momentanément et de façon plus ou moins complète la céphalée, l’intervalle libre entre les crises se réduit, ce qui entraîne une augmentation de la prise médicamenteuse. Le patient se piège lui-même en prenant le traitement de manière quasi anticipatoire. Tous les médicaments peuvent être mis en cause, les plus souvent concernés sont cependant les médications en vente libre, notamment le Paracetamol. Les critères IHS (International Headache Society) des céphalées définissent cet abus de médicaments de la façon suivante :
  • la prise médicamenteuse est régulière et dure depuis plus de 3 mois
  • elle est présente :
plus de 15 jours par mois pour les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, anti-inflammatoires non stéroïdiens – AINS),
plus de 10 jours par mois pour les autres traitements de crise (opioïdes, ergotés, triptans, spécialités antalgiques associant plusieurs principes actifs).

Sur le plan clinique, la CCQ est présente dès le matin au réveil chez 79 % des cas, avec une intensité d’emblée forte chez 25 % des cas. Elle est bilatérale dans 50 %, unilatérale dans 36 % et souvent fixe, et uni- ou bilatérale dans 14 % des cas. Les nausées, vomissements, photophobie, phonophobie sont présents respectivement dans 36 %, 9 %, 30 % et 40 % des cas.

Une prise en charge spécialisée est nécessaire et permet leplus souvent d’obtenir un soulagement de ces céphalées. La prise en charge associe la mise en route d’un traitement de fond, une reduction voir un arrêt des antalgiques banals, éventuellement une prise en charge psychologique, du neuro feed back ou de l’acupuncture.