Ataxies Cérébelleuses

L’ataxie cérébelleuse est causée par une atteinte du cervelet. Cette maladie se caractérise par une incoordination dans les mouvements musculaires. L’ataxie est le terme regroupant un certain nombre de désordres affectant la coordination, l’équilibre et le langage.
  • Il existe différent type d’ataxie qui se caractérisent par des symptômes et une sévérité divers : l’ataxie acquise est la forme correspondant au développement des symptômes à la suite d’un traumatisme, d’un accident vasculaire cérébral, d’une sclérose, d’une tumeur cérébrale, de déficiences nutritionnelles ou d’autres problèmes endommageant le cerveau et le système nerveux ;
  • l’ataxie héréditaire, correspond à la forme dont les symptômes se développent lentement (sur plusieurs années). Cette forme est à l’origine d’anomalies génétiques héritées par les parents. Cette forme est également nommée ataxie de Friedreich.
  • l’ataxie idiopathique avec l’apparition tardive d’une ataxie cérébelleuse, dans laquelle le cerveau est atteint progressivement à travers le temps pour des raisons souvent inconnues.
 

Maladie de Friedreich

  L’ataxie de Friedreich est caractérisée par des troubles de la coordination des mouvements, de l’articulation, associés à d’autres signes neurologiques (abolition des réflexes, troubles de la sensibilité profonde, pieds creux et scoliose) ainsi qu’à une cardiomyopathie et parfois à un diabète. La maladie débute souvent dans l’enfance ou dans l’adolescence, mais parfois à l’âge adulte. Elle touche environ 1 personne sur 50 000 en France, aussi bien les hommes que les femmes. C’est une affection de transmission autosomique récessive. Le gène responsable qui code pour la frataxine est le gène FRDA et un diagnostic par analyse génétique est possible. La maladie est due à une diminution de la frataxine qui retentit sur la mitochondrie en altérant le métabolisme énergétique de la cellule. De nouveaux traitements visant à restaurer la fonction mitochondriale sont en cours d’évaluation. La prise en charge nécessite un suivi neurologique, cardiologique et du diabète ; la rééducation fonctionnelle occupe une place importante dans le traitement de la maladie. La maladie évolue progressivement et la marche devient impossible sans aide après 10 à 20 ans d’évolution.  

Tremblement/Ataxie associé au X Fragile (FXTAS)

 
Le syndrome du tremblement/ataxie associé au X fragile (FXTAS) est génétique et touche principalement les hommes et provoque un tremblement, une ataxie et une démence. Le syndrome tremblement/ataxie associé à l’X fragile (FXTAS) touche environ 1/3000 garçons. Une prémutation (une augmentation du nombre de répétitions CGG) se produit dans le gène fragile X mental retardation (FMR1) situé sur le chromosome X; si la mutation est complète, > 200 répétitions sont présentes, entraînant le syndrome de l’X fragile. Les sujets qui ont la prémutation sont considérés porteurs. Les filles (mais pas les garçons) des hommes porteurs d’une prémutation héritent de la prémutation. Leurs enfants (petits-enfants des hommes porteurs du gène) ont 50% de probabilité d’hériter de la prémutation, qui peut progresser vers une mutation complète lorsqu’elle est transmise de la mère à l’enfant (et ainsi causer le syndrome de l’X fragile). Le syndrome tremblement/ataxie associé à l’X fragile (FXTAS) se développe chez environ 30% des hommes porteurs de la prémutation et chez < 5% des femmes porteuses de la prémutation. Le risque de développer un syndrome tremblement/ataxie associé à l’X fragile (FXTAS) augmente avec l’âge.
Les symptômes se développent habituellement à un âge avancé; l’âge moyen d’apparition est de 60 ans. Plus il existe de répétitions CGG, plus les symptômes sont sévères. Le tremblement qui ressemble au tremblement essentiel est un symptôme fréquent au début, habituellement suivi d’une ataxie dans les 2 ans. Les autres symptômes peuvent comprendre une bradykinésie, une rigidité et une hypomimie faciale, comme dans une maladie de Parkinson. L’altération cognitive est variable, comprenant la perte de la mémoire à court terme, une bradypsychie et des troubles dysexécutifs. Ces symptômes évoluent souvent vers une démence. Une dépression, une anxiété, une irritabilité, une agressivité et une labilité de l’humeur peuvent apparaître. Une hypoesthésie distale et une abolition des réflexes aux membres inférieurs peuvent entrer dans le tableau clinique. Une dysautonomie (p. ex., hypotension orthostatique) peut survenir. Aux stades avancés, le contrôle des sphincters peut être perdu. L’espérance de vie après avoir identifié les symptômes moteurs est de 5 à 25 ans. Chez la femme porteuse de la prémutation, les symptômes sont habituellement moins sévères, probablement parce que la présence d’un autre chromosome X est protectrice. Les symptômes évoquent plus souvent une sclérose en plaques ou une fibromyalgie qu’un syndrome tremblement/ataxie associé à l’X fragile (FXTAS). Ces femmes ont un risque accru de ménopause précoce, d’infertilité et de dysfonctionnement ovarien.  

Ataxies Cérébelleuses Autosomiques Dominantes

  Les ataxies cérébelleuses autosomiques dominantes décrivent un groupe cliniquement et génétiquement hétérogène de maladies neurodégénératives caractérisé par une ataxie lente et progressive de la marche, de la posture et des extrémités, une dysarthrie et/ou des troubles oculomoteurs dus à une dégénérescence cérébelleuse sans pathologies coexistantes. Le processus dégénératif peut se limiter au cervelet (ADCA type 3) ou peut aussi impliquer la rétine (ADCA type 2), le nerf optique, les systèmes ponto-médullaires, les ganglions de la base, le cortex cérébral, les fibres médullaires et les nerfs périphériques (ADCA type 1) ou peut décrire un syndrome cérébelleux avec épilepsie dans le cas de l’ADCA type 4.  

Ataxies Cérébelleuses Secondaires

  Les atrophies cérébelleuses secondaires constituent un groupe hétérogène. L’interrogatoire et l’examen clinique ont une place essentielle dans la démarche diagnostique. En effet, la survenue tardive des troubles cérébelleux, l’absence d’antécédent familial, la présence d’antécédents personnels évocateurs et l’association avec d’autres troubles neurologiques peuvent permettre de suspecter une origine secondaire et d’orienter le diagnostic étiologique. Les atrophies cérébelleuses d’origine toxique, représentées en premier lieu par l’éthylisme et en corollaire les atrophies carentielles, sont les plus fréquemment rencontrées. Les syndromes cérébelleux d’évolution subaiguë doivent faire évoquer un syndrome paranéoplasique.